[3 Juin 2008, Autriche, 20h30]
Bon... Après l'arrivée des joueurs, c'est dîner pour tous. Je suis vite montée dans ma chambre pour enfiler une jaquette noir, il fait vachement froid ici ! Bon j'y vais, sinon j'aurais plus de place. Ah ! Maya arrive. Nous descendons toutes les 2 et nous dirigeons vers le jardin, où, sous un couvert, une longue table pour les joueurs et plusieurs autres pour le personnel on était montées. L'ambiance est bonne, les rires fusent, malgré la présence des héros nationaux. On se dirige naturellement vers la table ''médecine'' et je me rends rapidement compte qu'il n'y a plus de places. Je jette un ½il sur les autres tables, toutes bondées. Tout à coup, une voix fusent.
- Hey les filles vous trouvez pas de places ? Venez, il reste 2 chaises ici.
Je me retourne. Villa. J'aurais du m'en douter. En effet, il y a 2 trous en face de lui et...Torres. J'interroge Maya du regard, elle hausse les épaules. Mais je vois bien qu'elle est très excitée. Bon, ben voilà. On se dirige à pas lents vers la table, sous les regards des garçons. Avant que je n'aie pus réagir, ma comparse s'est assise en face de Villa. Il me reste donc...Torres. Je découvre en m'approchant que je suis non seulement en face de lui mais à côté de Casillas. Gloups. Je m'assieds timidement.
- Tiens, bonjour. Me lance San Iker avec un sourire sincère et jovial.
- Heu...Bonjour. Ca va bien ? Vous avez fait bon voyage ?
Avant qu'il n'est pus me répondre, Güiza prend la parole.
- Super ! Bon les hôtesses étaient pas super jolies, j'aime pas trop les blondes...Par contre notre infirmière à l'air...
- Steuplait, Daniel, on était entrain de parler ! le coupe Iker.
Je me rends compte à ce moment que David V. et plusieurs autres se marrent... Je rougis, Güiza boude. À ce moment-là je me rends compte que Torres semble me dévisager à nouveau. Surpris, il détourne la tête et ses joues prennent une douce couleur rosée. Oh ! C'qu'il est chou quand il rougit...N'importe quoi ! Mon visage se durcit et je reprends ma conversation avec mon sympathique voisin. Les plats arrivent, salade en entrée et filet de b½uf comme plat. Je ne mange pas beaucoup, les événements m'ont un peu chamboulée.
- Hey Docteur ! Tu manges pas ? me taquine David.
- Non je fais attention à ma ligne, pas comme d'autres...
Et tac ! Nos voisins proches se marrent, Villa fait mine de s'énerver. Les hostilités sont lancées. À sa gauche, Fernando pouffe dans sa main.
- Tu la défends en plus ! s'insurge son voisin.
- Ben oui j'suis un gentleman moi !
Je tire la langue à mon nouveau rival et croise le regard du ''Gentleman''. Je tente un maigre sourire, il me répond d'une mimique gênée. Je dois bien l'avouer, il me trouble. Tssk... Je le connais à peine ! Il faut que j'arrêtes de lui lancer des regards en coin, m'enfin bon il fait pareil.
Je contemple ses mains aux doigts longs et fins, sa bouche, ses yeux, ses tâches de rousseur. Il sourit, une petite ride se dessine sur sa joue, je frémis. Je sors de ma rêverie au moment du dessert. Il est temps de choisir. La serveuse arrive et nous demande ce que nous désirons. Glace au chocolat pour Villa, un café pour Casillas, une sorbet citron pour Maya. Vient le tour de Torres...
- Euh...Un milk-shake fraise svp.
- Et pour vous, Mme ?
- Pareil, merci.
Fernando tique et se tourne vers moi. Je le fixe intensément, ses yeux sont magnifiques. Il semble...surpris. Et content aussi. Villa me sert un sourire narquois et hausse les sourcils. Je lui envoie ma serviette. Tandis que son voisin engage la conversation avec Ramos, David sort un stylo et griffonne sur ma serviette. Il me la tend.
{ Tu le troubles... }
Je fixe les mots sur le papier, mon c½ur accélère la cadence.
{ Il te l'a dit ? }
{ Je le connais assez...La façon dont il te regarde, dont il rougit...Y a pas photo ! }
{ Mhh... Je crois pas non... Il pourrait se taper qui il veut, alors pourquoi je l'intriguerais ? Je suis banale. Moche. }
{ Quoiii ?? On peut savoir se que t'as bu ? T'es...superbe. Jtrouve rien de mieux. Si ça foire, tu m'appelles hein ? ^^ }
{ N'importe quoi, je le connais à peine. Il ressent rien pour moi de toute façon. Et c'est réciproque. Ok pour
l'appel =) }
{ HA-HA-HA. Laisse-moi rire. Vous êtes tellement pas discrets ! Hihihi... }
Nous stoppons la discussion, de toute façon le repas s'achève et Torres commencer à remarquer notre petit manège. Je me sens bizarre...Les mots de David tournent dans ma tête...Je ne sais plus quoi faire. '' La façon dont il te regarde. '' {...}
- Ca va comme tu veux ?
Je sursaute et sort de mes pensées. C'est Casillas qui vient de m'aborder. Je l'aime déjà beaucoup, celui-là. On voit bien que c'est le Capitaine. Il est calme, posé et toujours si prévenant !
- Oui oui tout va bien... Je suis juste... Pensive.
- Oui j'ai remarqué... me lance-t-il avec un petit sourire.
Je souris moi aussi. Nous sommes en fin du cortège qui se dirige vers les chambres. Devant nous, Torres et Villa se disputent et rigolent, comme d'habitude. Je fixe le dos du blond, et me perds dans le mouvement de ses épaules.
- Je le connais très bien, tu sais... C'est comme un petit frère pour moi.
Je renonce à l'interroger du regard, pas la peine de faire l'innocente. Je le fixe juste gravement.
- Il t'a remarquée, c'est sur...
- Hummpf...de toute façon je ne suis pas intéressée. C'est une star. Et pis, je ne sais pas. Il me met mal à l'aise...
Iker hausse un sourcil, je vois bien qu'il est sceptique... Il faut dire que je ne suis même pas convaincue moi-même. Me rendant compte que je suis entrain de raconter ma vie à un pur étranger, ou du moins une connaissance de quelques heures, je m'éclaircit la gorge et déclare :
- Bon je vais y aller parce qu' il est déjà tard et il faut que je passe dans vos chambres pour vérifier que vous n'avez besoin de rien...
Il me sourit gaiement et je m'éclipse. Je dépasse Fernando et Villa le plus rapidement possible, mais je sens le regard du premier braqué sur moi. Je me fraie un chemin dans la masse de joueurs et personnel et monte quatre à quatre dans ma chambre, avant que les couloirs ne soient bourrés. Je me change rapidement pour une tenue plus décontractée : training en velours gris et T-shirt décolleté blanc. Je dois passer dans les chambres pour demander aux joueurs de quels medic' ils ont besoin durant le séjour. Je décide commencer par le rez-de-chaussée. J'entre dans les chambres, questionne, souhaite une bonne nuit et ainsi de suite. Le premier étage m'effraie un peu plus, il est plein de... ''connaissances''. Bon... Chambre 50 : Güiza et Iniesta. Le premier me drague légèrement puis je m'excuse, il faut quand même que j'arrive à dormir un tout petit peu cette nuit...Bon je continue jusqu'au 3 dernières chambres. Chambre 58 : Silva et Fabregas. Je les admire beaucoup tous les 2 donc je respire un grand coup et toque. Je manque de trébucher quand Silva m'ouvre...à torse nu. Quels abdos !
- Oh, salut. Il me lance, légèrement gêné. Entre, entre, je t'en prie.
Je me faufile à l'intérieur. Leurs valises sont encore pleines et ouvertes sur le sol. Fabregas lit le journal, allongé sur son lit. Il me salut et me sourit.
-Enfaite c'est juste pour savoir ce dont vous avez besoin...
- Euh... Cesc n'a que besoin de digestifs, il a parfois des maux de ventre. Sinon moi juste des aspirines et quelques sparadraps.
- Ok merci, je vous apporte ça demain matin, toute façon c'est à moi de vous réveiller...je lance en inscrivant les choses demandées sur ma liste.
- Chouette ben à demain alors...
Ils me souhaitent bonne nuit et je me dirige vers l'avant-dernière chambre : Ramos et Casillas. Je tape trois petits coups et attend. C'est le premier qui m'ouvre, avec un grand sourire.
- Hey ! Comment ça va ?
- Euh... Très bien, merci. Je viens juste vous demander ce que vous voulez comme médicaments.
- Ah ! Ben entre...
Je pénètre dans la pièce et devine immédiatement quel lit et a qui. Celui de gauche, certainement celui de Sergio, qui croule sous les habits froissés, livres, papiers de chewing-gum etc. À droite, le lit est bien fait, 2 romans sont empilés sur la table de nuit, à côté d'un portable et d'une bouteille d'eau. Casillas. Tiens d'ailleurs le voilà qui sort de la salle de pain, les cheveux encore humides. Il porte un training et un large T-shirt.
- Oh, tiens ! Il me lance gaiement.
Nous discutons tous les 3 un petit moment, et je finis par m'excuser et quitter la chambre. Bon, voilà la dernière. Villa et Torres. Gloups. On la reconnaît toute de suite faut dire aussi. Sur la porte, une affiche de Liverpool et une autre de Valence sont scotchées, ainsi qu'un petit mot sur lequel et noté : '' Attention, Stars ! ''. Je souris et m'annonce. Une voie m'indique que je peux rentrer. Il s'agit de David, qui tripote son téléphone, affalé sur un canapé. À peine entrée, je suis sidérée par l'atmosphère de la chambre. Le rouge domine, avec en particulier un immense drapeau espagnol au-dessus d'un des 2 lits, que je reconnnais comme celui de Torres, étant donné l'écharpe portant l'inscription '' You'll never walk alone'' ( la devise de Liverpool) posée dessus. Sinon il y a beaucoup de photos. De gens, animaux, paysages, ... C'est une chambre de mec, bordélique.
- Hey Chica ! Que nous vaut le plaisir de ta visite ?
- Il faut que je sache comment vous droguez.
Tandis qu'il s'esclaffe, la porte de la salle de bains s'ouvre, je sursaute et Fernando apparaît. Quelle vision mes amis ! Monsieur est en jeans, à torse nu, les cheveux ébouriffés et plus beau que jamais. Lui aussi sursaute en me découvrant et baisse les yeux sur sa tenue. Il lance un ½il noir à son colocataire, qui s'esclaffe.
- Alors ? Je demande en tentant de faire comme si il ne s'était rien passé, bien que les abdos absolument superbes de Torres aient rendus mes mains moites.
- Euh moi rien de bien spécial et toi, Nando ?
- Hum...Juste une crème après-solaire hydratante et quelques panadols stp. Bafouille l'interrogé.
- Ah oui c'est vrai Môssieur à une peau sensible...minaude l'autre bouffon.
Torres lui envoit un coussin qui atterrit en plein dans sa figure. Je pouffe silencieusement, Nando toise son adversaire fièrement. Je jette un coup d'½il à l'horloge mural : Minuit.
- Bon ben moi j'y vais. Bonne nuit les gars.
David m'envoit un clin d'½il aguicheur. En passant, je frôle Torres et mes doigts touchent carrément les siens. Je le sens frémir, je fais de même. Nos regards se croisent, je me plonge dans ses yeux. Puis, de mauvaise grâce, je franchis les derniers mètres et m'apprête à refermer la porte. Juste avant de quitter définitivement la chambre, je lance un sourire éclatant à Fernando. Il me rend la pareil.
Ce soir-là, je m'allonge entre mes draps, des images pleins la tête. Et son visage gravé en moi.
------------------